Mes Moments Préférés À Barichara

J’ai sélectionné pour toi mes 7 moments forts à Barichara. Crois-moi le choix n’a pas été si facile à faire tellement on ne s’ennuie pas dans ce village attachant.

CONSEILS DE TOM

Envie de connaître d’autres villages coloniaux ? J’adore Jericó, Villa de Leyva et Jardín.

1 : Cuisiner les hormigas culonas avec une locale

Je traverse le patio pour découvrir ce mets dont les Patiamarillos ne cessent de me parler.

Tout sourire Margarita m’attend derrière ses fourneaux dans une vieille maison baignée de lumière et grande ouverte sur un patio luxuriant. Je suis immédiatement transporté dans l’univers de “Cien años de soledad” de Garcia Marquez.

D’une voix douce, Margarita nous raconte l’histoire de la fourmi qui remonte aux traditions Guane, comment les initiés veillent jalousement sur les fourmilières et la ferveur qui saisit les Patiamarillos quand se produit l’impressionnant essaimage annuel.

Les précieuses fourmis sont récoltées puis congelées.

Sur la grande table Margarita dépose devant chacun de nous une poignée de fourmis congelées et nous indique comment enlever la tête et les ailes.

Ce travail accompli, elle fait rissoler les fourmis dans un plat en terre cuite, nous goûtons plusieurs stades de cuisson. Honnêtement, le mi-cru n’est pas mon préféré 😉

Margarita me confie la responsabilité de surveiller la fin de cuisson des fourmis et grille des tranches de pain de maïs dans de l’huile de coco. Elle fait fondre du fromage mélangé avec des feuilles de Hoja Santa cueillies dans le jardin.

Un mélange secret d’épices sur les fourmis cuites et chacun croque une tranche de pain dorée couverte de feuilles, fromage fondu et une poignée de fourmis.

Ça me rappelle le goût des crevettes grises grillées. Sincèrement elles sont bonnes ces petites bêtes !

Une super expérience et une belle rencontre.

2 : Une nuit au fond du canyon de Chicamocha

6h00 du matin, un transport privé nous conduit à Alto de Marta proche de Villanueva.

7h00 nous partons. Après 30 minutes nous rencontrons le Camino Real. La descente dans le canyon commence vraiment. Les points de vue sont magnifiques, les cris des singes hurleurs montent depuis le fond du canyon.

Plus nous descendons, plus la végétation est aride. Vers 10h nous rencontrons les premiers cactus, mon père s’émerveille devant les Cactus tête à l’anglais. La terre plus rouge réfléchit la chaleur plus intense, le panorama est saisissant. On cuit !

Après 3 heures nous traversons une vallée de cactus avant de rejoindre une piste. A 11h30, nous arrivons enfin à notre hôtel, Los Trinitarios, à 500 m de Jordán.

J’apprécie ma bière et le menu del día. Il fait super chaud. Je sommeille sur mon lit sous un toit en tôle dans le souffle de ventilateurs bruyants, avant de me rafraîchir dans la piscine, un luxe.

Fin de journée, nous allons à Jordán. Les rues sont désertes, un vrai village fantôme. On mange un empanada à La Mojita, seul bar du village près du superbe pont de Lenkerge sur le fleuve. Le sympathique propriétaire m’emmène en moto pour reconnaître le chemin du lendemain.

A 20h je tombe comme une masse.

5h45 le lendemain – nous reprenons la route, direction Aratoca.

La piste longe le fleuve Chicamocha. Mon père exulte, il rencontre son premier Barigón, arbre endémique au tronc renflé à la base.

Suivant les conseils du proprio du bar, nous quittons la piste pour grimper à travers la végétation vers la Finca Caracoli de Benito et Nieve, cultivateurs de tabac.

7h40, Nieve nous invite à faire une halte devant sa maison.

Après 6 heures sur une piste au fort dénivelé (9 km – 900 m), nous arrivons à Aratoca, paisible bourgade avec son parque devant l’église. Le bus de midi pour Barichara vient de partir, on boit un verre en attendant le taxi qui nous ramène à Barichara (1h30).

Un trek exigeant mais des paysages incroyables.

Moment 3 : A La découverte de Guane

6h15, profitant de la fraîcheur, nous empruntons le Camino Real qui part du haut du village pour nous rendre à Guane.

L’antique chemin pavé descend doucement sur 7 kilomètres traversant des paysages magnifiques et variés – chemins bucoliques, murs en pierre, couverts végétaux. Nous prenons le temps d’admirer les points de vue sur le canyon Suarez et d’observer de nombreux oiseaux.

Nous arrivons à Guane, un adorable petit village dans son jus, aux murs de chaux et rues pavées. Après un petit déjeuner au Café Artesanal Nacimiento sur la place, nous visitons le Musée Paléontologique et Archéologique juste en face. Une superbe collection de fossiles et la momie d’une jeune fille. Nous avons droit à un audioguide dans notre langue.

Nous allons jusqu’au mirador à 300 m de la place pour admirer une vue incroyable sur le canyon et boire une bière au bar du mirador, à côté. Un endroit super sympa avec un panorama de fou.

De retour sur la place, je partage avec Aleja une glace artisanale qui ne me laisse pas un souvenir inoubliable. Nous achetons une bouteille de Sabajon, boisson traditionnelle alcoolisée dans la boutique qui détient la recette originale, vers ici.

Un tour sur la place, une visite de l’église et nous montons dans un tuktuk pour retourner à Barichara pendant que mes parents attrapent le bus qui part toutes les 30 minutes.

Une randonnée facile et un village charmant.

4 : Le charme de Barichara en fin de journée et le soir

J’adore profiter de Barichara en fin de journée quand la brise se lève. Déambuler dans les rues, entrer dans les boutiques, les ateliers d’artisans, explorer les paisibles quartiers excentrés. Immortaliser une porte colorée, un chat endormi sur un bord de fenêtre.

J’aime particulièrement le charme désuet et nostalgique de la place de l’ancien hôpital. Je m’assoie sur le banc sous un arbre imposant couvert de barba de viejos qui vole au vent.

Je fais un tour dans la silencieuse petite librairie au coin de la place principale et m’attarde dans le patio de la Casa de la Cultura, à côté, au milieu d’oeuvres d’artistes locaux et d’objets anciens.

Je m’assoie dans le Parque Principal, profitant de la fraîcheur des grands arbres avant de me mêler aux habitants pour boire un verre à la terrasse d’un des cafés près de la cathédrale.

Ou bien je monte en haut du village pour admirer le coucher de soleil depuis un mirador ou à la terrasse de Independencia Cocina y Sazón en sirotant une margarita.

5 : Voler en parapente au dessus du canyon

*Je laisse le clavier à ma Madre.*

7h50 – au Parque principal je prends le bus pour San Gil qui me dépose 45 minutes plus tard au Terminalito en centre ville. Un van m’attend. En chemin il récupère deux autres jeunes et nous voilà partis pour le site de parapente, à 1 heure de route de là.

Un instructeur nous enseigne les règles de sécurité et nous explique comment va se passer le vol, rien qui ne semble bien sorcier 😉

20 minutes après me voilà sur le site de décollage au bord de l’impressionnant canyon de Chicamocha, harnaché avec Laura, ma monitrice.

Nous nous mettons à courir et nous jetons dans le vide. Laura m’aide à basculer dans le baquet et ça y est je vole ! Une sensation extraordinaire de liberté et de fragilité en même temps.

Durant 25 minutes au gré des vents et de l’habileté de Laura, je survole le fleuve qui sillonne tout en bas, des oiseaux volent à nos côtés. Le paysage est époustouflant. Laura m’indique un village, un sommet.

Me sentant en confiance, elle me propose un petit shoot d’adrénaline. Jouant avec la voile nous nous mettons à balancer de droite à gauche, à tournoyer – grisant !

J’ai perdu la notion du temps, nous devons revenir sur terre. Jambes bien levées, je me laisse atterrir tout en douceur sur le site d’où nous avons décollé.

Vers 13h je suis de retour à Barichara.

Un rêve accompli. Inoubliable.

6 : Le beau projet d’Alfania

8h40 – un tuktuk me conduit en 10 minutes à Alfania, une finca de café familiale, où nous attend Carlos.

Traversant la plantation, le sympathique Carlos nous présente les variétés de grains et leur projet de reforestation né quand sa maman Margarita tombée amoureuse d’une forêt, a décidé de l’acheter. Alfania c’est avant tout une aventure expérimentale basée sur la volonté de trouver une symbiose entre différentes essences, dont le café.

En bas de la propriété nous découvrons une forêt de Caracoli. Je comprends immédiatement pourquoi ces arbres majestueux ont fasciné Margarita. Avant de remonter, nous goûtons du Guarapo, une boisson locale à base de jus de canne à sucre.

Nous quittons l’exploitation en jeep pour la propriété familiale, superbe. Un mobilier rustique et élégant et un merveilleux jardin fleuri où nous attend une collation. Nous dégustons le café de la plantation accompagné d’arepas maison et de délicieux fromages de chèvre, tout en conversant de mille sujets.

Nous visitons les anciennes écuries et l’installation super moderne de transformation du café, depuis la déceriseuse jusqu’à la boutique.

Nous retournons à Barichara en tuktuk avec Carlos qui nous emmène dans le patio d’une maison du village pour boire du Guarapo et de la Chicha, autre boisson traditionnelle, au milieu d’habitués aux yeux brillants, dans un fatras de cuves et alambiques de fortune. Insolite.

Une aventure profondément humaine qui fait réfléchir.

7 : Comment fabriquer un bon cigare

10h00 – Un tuktuk vient nous chercher pour nous emmener une finca de tabac à 15 minutes de Barichara.

Reinaldo, le dueño de l’exploitation familiale nous attend dans une superbe propriété surplombant la campagne environnante.

Après nous avoir raconté la gloire et le déclin du tabac Colombien et présenté les deux variétés cultivées sur l’exploitation, Reinaldo, très pédagogue, nous explique en détail chaque étape du process de transformation du tabac. Je m’essaie même à la mise en terre des plants qui demande un sacré coup de main.

Je me rends vite compte à quel point ce travail est long et minutieux, pas moins de 16 mois depuis la sélection des graines jusqu’à l’obtention des fameux cigarillos.

Quand au bout du process, j’observe Reinaldo rouler avec infiniment d’application les feuilles enfin prêtes, couper, coller et nous présenter fièrement un “Puro” parfait, je comprends toute la passion qui l’anime.

Après 2 heures d’une visite instructive et plaisante, Reinaldo nous invite à partager un délicieux déjeuner sur la terrasse de la maison, avant de repartir en tuktuk à Barichara.

Après dîner, j’ai savouré avec mon père un petit cigarillo de Reinaldo, assis sur le pas de la porte dans la fraîcheur du soir – moment suspendu.

Une expérience qui change notre façon de regarder un cigare 😉