Le Sud de la Colombie

On parcourt la Colombie sans cesse pour trouver ce qui vaut vraiment le coup — lieux, logements, expériences authentiques, loin des attrapes touristes. Puis on construit ton voyage idéal de manière logique et optimisée, pour que tu profites à fond, sans courir partout et en te connectant vraiment au pays.

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  • En colombie depuis 2015
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  • Florentino Hats Yopal Casanare Los Llanos Orientales Colombia - Tom

    Je suis tombé amoureux de la Colombie en 2015 puis ensuite d'Aleja, une colombienne, en 2019. Je vis désormais en Colombie et passe mon temps à arpenter ce merveilleux pays pour trouver les meilleures expériences et créer des itinéraires qui sortent de l'ordinaire.

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Cali and around - Cali - City (3)
Cali and around - Cali - Salsa in La Topa Tolondra
Cali and around - Cali - salsa poster
©Tomplanmytrip
Cali, dans le département du Valle del Cauca, est surtout connue pour être un paradis pour danser la Salsa (ou du moins essayer). Danser jusqu'au bout de la nuit n'empêche pas de profiter des nombreuses excursions d'une journée proposées dans les environs, de la randonnée vers Pance au tubing à San Cipriano. Les environs sont également réputés pour l'observation d'oiseaux.

Le sud de la Colombie comprend 4 départements à cheval entre les Andes et le Pacifique : le Valle del Cauca (capitale Cali), le Cauca (capitale Popayán), le Nariño (capitale Pasto), aux portes de l’Équateur) et le Huila (capitale Neiva), ouvert sur la vallée du fleuve Magdalena et le seul sans façade sur le Pacifique.

Cette région couvre une superficie d’environ 105 000 km² — comparable à celle de l’Islande — et compte près de 9 millions d’habitants.

Cauca, Huila et Nariño se partagent le Massif Colombien, nœud montagneux où naissent trois des fleuves les plus importants de la Colombie : Cauca, Magdalena et Caquetá.

L’altitude varie fortement d’une capitale à l’autre : Neiva culmine à peine à 440 m, Cali à 1 000 m, Popayán à 1 760 m, tandis que Pasto s’élève à plus de 2 500 m, au pied du volcan Galeras.

Cali est la dernière grande ville avant que la route ne s’enfonce vers le sud de la Colombie. De là, compte 2 h 30 à 3 h jusqu’à Popayán, puis 5 à 6 h de plus pour atteindre Pasto.

Le sud de la Colombie reste la région la moins fréquentée du pays, malgré des sites remarquables.

Deux sites archéologiques y sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : San Agustín (Huila), nécropole précolombienne, et Tierradentro (Cauca), avec ses hypogées.

Les paysages surprennent par leur diversité : le désert de la Tatacoa, le sanctuaire de Las Lajas à flanc de canyon, le parc de Puracé et ses volcans, lagunes d’altitude et condors, ou encore la Laguna de la Cocha, cernée de páramo.

De juillet à début octobre, les baleines à bosse remontent jusqu’à la baie de Málaga, sur le Pacifique, dans le Valle del Cauca.

Popayán, la « Ciudad Blanca », conserve l’un des plus beaux centres coloniaux du pays, avec une Semana Santa inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pasto, elle, accueille le Carnaval de Negros y Blancos, l’un des plus beaux du pays.

Enfin, le Huila, première région caféière du pays, abrite des fincas au cœur de vallées verdoyantes.

Dans le sud de la Colombie, la saison sèche et la saison des pluies ne suivent pas la même alternance que dans le reste du pays.

Dans le sud andin (Cauca, Nariño), la meilleure période se situe entre mi-juin et mi-septembre, et non de décembre à mars comme ailleurs.

Autour de Cali, au climat tropical tempéré par l’altitude, la température est chaude et stable toute l’année (24°C, maxima 31°C) — seule la pluie rythme les saisons, avec deux périodes sèches : décembre-mars et juillet-août.

La côte Pacifique reste humide toute l’année, avec un léger répit en janvier-février. La saison des baleines à bosse dure de fin juillet à septembre, avec un pic en août, période de reproduction et de naissance des baleineaux.

Plus à l’est, le Huila et son désert de la Tatacoa sont chauds toute l’année, avec une sécheresse plus marquée entre juin et août.

Côté festivals : Carnaval de Pasto (janvier), Semana Santa de Popayán (mars-avril), Feria de Cali (fin décembre).

Cali and around - Pasto - laguna de la cocha

Ça dépend surtout de ce que tu prévois de voir ailleurs en Colombie.

Compte 7 à 8 jours, sans te presser, pour la boucle « basique » — Cali, Popayán, San Agustín et le désert de la Tatacoa.

Si tu veux pousser jusqu’au Nariño (Pasto, Las Lajas, Laguna de la Cocha), prévois plutôt 12 à 14 jours pour la boucle complète.

Pour te faire une idée du temps : Cali mérite 2 à 3 jours, Popayán 1,5 à 2 jours (jusqu’à 5 jours si tu en fais ta base pour explorer le Cauca), pour San Agustín, prévois 3 jours et 1 jour entier pour Tierradentro, et pour Tatacoa, 1/2 journée et 1 nuit sur place suffisent tout à fait.

Pour résumer : compte une semaine si tu restes sur le circuit “classique”, presque deux si tu veux t’aventurer un peu plus dans le sud de la Colombie.

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Barichara - Salto del mono

© Tomplanmytrip

Le parc national du Puracé, « montagne de feu » en quechua, s’étend sur 830 km² entre Cauca et Huila, au cœur du Massif Colombien.

Réserve de biosphère de l’UNESCO depuis 1979, il compte plus de 30 lacs et lagunes où naissent les fleuves Magdalena, Cauca et Caquetá. Son volcan actif culmine à environ 4 700 m — l’un des rares cratères volcaniques actifs que l’on peut observer en Colombie.

Riche en orchidées et en oiseaux, c’est aussi le site le plus adapté pour observer de près le condor des Andes à l’état sauvage, lorsque les gardes du parc viennent le nourrir le matin.

Un sentier de 10 km traverse la vallée des frailejones, plantes emblématiques des páramos andins, et conduit à des cascades et à des sources thermales.

En raison d’une alerte jaune émise en décembre 2025 par le Service géologique colombien, le parc est ouvert avec des restrictions et accessible avec les guides autochtones du Resguardo Puracé, depuis Popayán (1 h 30).

Évite mai-septembre (fortes pluies, vents violents) et prépare-toi au mal d’altitude.

Purace National Park - Cali and around - Colombia

Le parc national naturel Isla Gorgona, ancienne prison de haute sécurité surnommée « l’Alcatraz colombienne » avant sa fermeture en 1984, s’étend sur 61 687 ha au large de la côte Pacifique du Valle del Cauca.

Longtemps coupée du monde par son passé carcéral, l’île s’est transformée en l’un des sanctuaires naturels les mieux préservés du Pacifique, protégée du tourisme de masse.

Véritable paradis de biodiversité, son relief montagneux est couvert d’une forêt tropicale luxuriante et ses eaux sont riches en faune et en flore, dont plusieurs espèces endémiques.

Ses récifs coralliens, abritant des poissons tropicaux, des invertébrés (éponges, gorgones, mollusques), des dauphins et des tortues marines, en font l’un des meilleurs spots de plongée du pays.

Tu peux rencontrer des requins-baleines en avril-mai et les baleines à bosse viennent y mettre bas de juillet à octobre.

Un même opérateur certifié gère l’accès au parc d’Isla Gorgona ainsi que les services d’écotourisme sur l’île.

Tu peux t’y rendre en bateau depuis Guapi (1 h 30-2 h) ou Buenaventura (4 h).

Pacific Coast - Isla Gorgona - Humpback wale

Le Parque Natural Regional Desierto de la Tatacoa, surnommé « Valle de las Tristezas » par les conquistadors pour son aspect désolé, tire son nom actuel d’une espèce de serpent locale et s’étend sur 35 800 ha dans le Huila.

Déclaré Parc Naturel Régional en 2008, c’est la 2ᵉ zone désertique de Colombie après la Guajira et le site “grand public” le plus accessible de la région : à 45 minutes de Neiva, par une route pavée.

Le désert se divise en deux zones aux ambiances distinctes : le Cuzco, aux teintes rouges et ocres, et Los Hoyos, aux reliefs gris et lunaires — un contraste qui en fait un terrain photographique unique.

Certifié Starlight pour la qualité exceptionnelle de son ciel nocturne, préservé de la pollution lumineuse, c’est l’un des meilleurs spots d’observation astronomique du pays. Privilégie juin, juillet et août.

Le site est également un gisement paléontologique majeur : Villavieja, le village-porte d’entrée, abrite un musée consacré aux fossiles découverts dans la région.

À mon humble avis, c’est un lieu sympa à visiter si tu passes dans les environs, mais, à lui seul, il ne vaut pas le détour.

Le parc national naturel Farallones de Cali (Valle del Cauca)s’étend sur 150 000 ha dans la Cordillère Occidentale, juste au-dessus de la ville de Cali. Ce magnifique ensemble montagneux s’élève entre les Andes et le Pacifique colombien.

La flore dense et changeante évolue avec l’altitude : forêt tropicale luxuriante à la base, forêt nuageuse enveloppée de brume un peu plus haut, puis páramo sur les hauteurs.

C’est un spot de choix pour le birdwatching, avec plus de 300 espèces d’oiseaux recensées, dont plusieurs endémiques. Le secteur du « Km 18 », sur la route de montagne qui traverse le parc à 18 km de Cali, en est d’ailleurs une référence mondiale.

Aujourd’hui, l’accès direct au parc se fait principalement depuis le hameau de Pance, en périphérie de Cali, via le sentier du Pico de Loro, avec un guide obligatoire.

Le parc naturel Uramba Bahía Málaga s’étend sur 47 094 ha sur la côte Pacifique du Valle del Cauca. Déclaré parc national en 2010, il protège un ensemble presque intact de forêt tropicale humide, de mangroves, d’estuaires et de plages, avec une présence humaine limitée aux villages de Juanchaco, Ladrilleros et La Barra.

C’est l’un des sites les plus réputés de Colombie pour l’observation des baleines à bosse, qui viennent s’y reproduire et mettre bas de mi-juillet à octobre.

C’est aussi le site le plus fréquenté. Si j’ai le choix, je préfère aller observer les baleines du côté de Nuqui ou de Bahia Solano.

Outre les baleines, le parc se prête aussi à l’observation d’oiseaux, au kayak et à la randonnée en pleine jungle. Au sein même du parc, la cascade de la Sierpe, accessible en une quarantaine de minutes en bateau depuis le village de Juanchaco, offre de belles piscines naturelles où tu peux te baigner.

C’est aussi le plus accessible des parcs du littoral Pacifique du département : en bateau depuis Buenaventura jusqu’à Juanchaco (environ 1h), Buenaventura étant elle-même reliée à Cali par la route (environ 3h) ou par avion depuis Bogotá.

La Serpie Waterfall Bahia Malaga Pacific Coast Colombia
Purace Paramo - Popayan - Adrien

© Tomplanmytrip

Le páramo, dont 57% de la surface mondiale se trouve en Colombie, s’étend entre 3 000 et 4 000 m d’altitude. C’est l’un des écosystèmes de montagne les plus riches en biodiversité au monde — il fournit à lui seul 60 à 70 % de l’eau potable du pays.

Il abrite plus de 5 000 espèces de plantes, dont l’emblématique frailejón (Espeletia), reconnaissable à ses larges feuilles argentées et duveteuses, parfaitement adapté à la rudesse du climat à cette altitude. On le retrouve en abondance à Puracé et Farallones de Cali.

Le sud de la Colombie compte également plus de 3 000 espèces d’orchidées recensées, dont la Cattleya trianaeFlor de Mayo »), endémique et symbole national.

Elles abondent particulièrement dans les zones de montagne tempérées du Huila, du Valle del Cauca, du Cauca et de Nariño, avec un pic de floraison en mars-avril.

Sumapaz Paramo - Bogota and around

L’ours à lunettes, ou ours andin (Tremarctos ornatus), est la seule espèce d’ours d’Amérique du Sud. Il doit son nom aux cercles de fourrure blanche autour des yeux, qui dessinent des lunettes et s’étendent parfois jusqu’à la poitrine.

Il vit jusqu’à 4 750 m d’altitude et joue un rôle clé dans la régénération du páramo et de la forêt de nuages, en disséminant les graines qu’il consomme.

Présent dans les quatre départements du sud, il a été identifié dans 22 des 60 parcs nationaux colombiens, dont Farallones de Cali, et a récemment été observé à la Laguna de la Cocha (Nariño) et dans le Huila. Le parc de Puracé reste le meilleur site d’observation — à défaut de le croiser, tu trouveras les indices de son passage : arbres griffés, aires de repos.

Un corridor de conservation a été aménagé le long de la cordillère occidentale afin de permettre aux individus de circuler. L’espèce reste classée vulnérable par l’UICN.

Spectacled bear - animal colombia in Parque Natural Chinganza
Credit: Juan Clavijo

La Colombie est le pays qui recense le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux au monde, et le sud du pays illustre bien cette étonnante diversité.

Parmi eux figure le fameux condor des Andes, le plus grand oiseau volant du monde, dont l’envergure peut dépasser 3 mètres et qui est le symbole national de la Colombie.

C’est dans le parc national naturel de Puracé que tu auras les meilleures chances de l’observer à l’état sauvage, en particulier tôt le matin lorsqu’il prend son envol pour profiter des courants thermiques et se nourrir.

Un autre représentant du ciel andin du sud de la Colombie est le colibri. La Colombie en recense 160 espèces, soit plus que nulle part ailleurs sur Terre, du minuscule colibri de quelques grammes aux espèces aux longues queues effilées.

Le sud de la Colombie, entre vallées chaudes et páramos d’altitude, abrite plusieurs espèces, dont certaines sont endémiques.

Le “Chocó biogéographique”, région naturelle qui s’étend le long du Pacifique du Panama au nord de l’Équateur, déborde sur le littoral Pacifique du Cauca et du Valle del Cauca ; c’est l’une des régions les plus riches en espèces endémiques de la planète.

Dans le seul département de Valle del Cauca on recense 162 espèces d’amphibiens (grenouilles et crapauds) et 132 espèces de reptiles (serpents, lézards, tortues), une richesse concentrée dans la région Pacifique et la cordillère occidentale.

C’est ici qu’on trouve la grenouille dorée (Phyllobates terribilis), le vertébré le plus toxique du monde, dont le poison est utilisé depuis des générations par les Emberá pour enduire les fléchettes de leurs sarbacanes de chasse.

Sur l’île de Malpelo, isolée en plein océan, vit le lézard tacheté (Diploglossus millepunctatus), seul reptile connu capable de régénérer aussi bien sa queue que sa dentition.

Chaque année, les baleines à bosse entament une migration qui les conduit de l’Antarctique vers les eaux chaudes du Pacifique pour se reproduire et mettre bas. En Colombie, on peut les observer entre juillet et octobre, alors qu’elles remontent le long de la côte Pacifique.

Les eaux du Pacifique du sud de la Colombie sont donc chronologiquement la première destination pour les observer, notamment autour d’Isla Gorgona, une île perdue au large des côtes, accessible uniquement par bateau.

Poursuivant leur remontée, les baleines atteignent ensuite le parc naturel d’Uramba Bahía Málaga, un peu plus au nord, dans le département du Valle del Cauca, plus facilement accessible en bateau depuis Buenaventura.

Entre avril-mai, Isla Gorgona est également un lieu de prédilection du requin-baleine, le plus grand poisson cartilagineux du monde, totalement inoffensif malgré sa taille imposante, que tu pourras rencontrer à l’occasion d’une plongée.

Whales Guachalito Pacific Coast Colombia animals
Whales Guachalito Choco Pacific Coast Colombia animals

© Tomplanmytrip

Le sud de la Colombie recèle deux témoignages exceptionnels de civilisations précolombiennes.

San Agustín (Huila) est le plus grand ensemble de sculptures monumentales précolombiennes d’Amérique latine et la plus grande nécropole au monde, bâtie par une civilisation inconnue.

Le site comprend plus de 500 statues taillées dans la pierre volcanique, ornées de motifs anthropomorphes (tigres, singes, serpents et autres animaux). Il a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995.

À quelques heures de route, Tierradentro (Cauca) est un autre vestige précolombien tout aussi impressionnant : une hypogée (tombes funéraires creusées dans la roche) comprenant 162 tombes, dont plusieurs sont visitables. Certaines sont profondes de plusieurs mètres et ornées de peintures polychromes rouges, noires et blanches représentant des motifs géométriques et anthropomorphes

La civilisation à l’origine de cette hypogée demeure une énigme.

Tu peux visiter ces deux sites dans un même circuit – compte 5 heures de route d’un site à l’autre.

San Agustin Archeological park - Cali and around Colombia (1)

Le Cauca concentre l’une des plus fortes proportions de population indigène du pays. À Silvia, petit village de montagne dont 80 % de la population appartient aux communautés Misak et Nasa, le marché du mardi a conservé toute son authenticité.

Les Misak ont préservé leur langue malgré des années de conflit armé et de déplacements forcés. Aujourd’hui, un tourisme communautaire propose des hébergements chez l’habitant et des guides autochtones.

Plus au sud, dans le Nariño, les Quillasingas et les Pastos ont façonné l’identité de la région de Pasto, où se perpétue le Barniz de Pasto, un artisanat ancestral qui consiste à décorer des objets en bois avec la résine d’un arbuste (« mopa-mopa ») qui pousse dans le piémont andino-amazonien — un souvenir plutôt sympathique à ramener de ton voyage dans le sud de la Colombie.

Silvia Market popayan
Silvia | Credit: Javarman

Fondée en 1537 par les conquistadors, alors sur la piste du trésor d’El Dorado, Popayán a longtemps été un point de transit pour acheminer l’or extrait des mines voisines du Nariño et du Chocó vers Carthagène, puis vers l’Espagne.

Surnommée la “ville blanche” en raison des façades blanchies à la chaux de son centre historique, Popayán a conservé sa belle architecture coloniale des XVIIe-XIXe siècles, malgré le séisme de 1983, qui a détruit une grande partie du centre-ville.

Elle abrite l’une des plus anciennes universités du pays, l’Université du Cauca (1827), dont certains locaux occupent aujourd’hui d’anciens cloîtres coloniaux.

Popayán est renommée pour ses impressionnantes processions de la Semaine sainte inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009.

En 2005, elle a également obtenu le titre de première Cité de l’UNESCO de la Gastronomie. Impossible de quitter Popayán sans avoir goûté ses fameuses empanadas de pipián, grande star de la street food locale.

Au-delà de la bouillonnante Cali, le Valle del Cauca conserve des villages coloniaux à l’architecture préservée, moins des destinations touristiques que des lieux de patrimoine, de vie locale et de ferveur religieuse en Colombie.

Comme Cartago avec son centre colonial et sa tradition de broderie artisanale toujours vivante, Roldanillo, avec la chapelleLa Ermita”, plus ancien lieu de culte du village, et son église du XVIe siècle, ou encore l’étonnant sanctuaire de Las Lajas, au sud, dans le Nariño, une prouesse d’architecture néogothique suspendue au-dessus du vide, à flanc de canyon.

Guadalajara de Buga se démarque cependant par sa basilique du Señor de los Milagros, la quatrième plus ancienne du pays, qui attire de nombreux visiteurs et en fait l’un des grands centres de pèlerinage catholiques de Colombie.

Roldanillo, dans le Valle del Cauca, est la capitale mondiale du parapente. La vallée encaissée entre deux cordillères génère des vents d’une étonnante régularité qui attirent chaque année des pilotes du monde entier, à l’occasion de la Coupe du monde.

Toujours dans le Valle del Cauca, les mêmes vents réguliers font du lac Calima un spot reconnu par les amateurs de kitesurf.

Dans le département du Cauca, près de Popayán, après un trek dans un páramo, tu apprécieras te détendre aux sources de Coconuco, issues du même volcanisme que celui du Puracé, tout proche.

San Agustin Archeological park - Cali and around Colombia (3)

© Tomplanmytrip

Le sud de la Colombie est indissociable de Cali, capitale mondiale de la salsa.

D’origine cubaine, ce rythme y arrive dans les années 1920 et devient rapidement la signature identitaire de la ville. Dans les années 1970, les Caleños inventent leur propre variante, rapide et spectaculaire : le « baile caleño », reconnaissable entre mille.

Depuis 1974, Cali accueille chaque année le Championnat du monde de salsa, et chaque fin décembre, lors de la Feria de Cali, son « salsódromo » devient le théâtre d’un défilé survolté rassemblant des milliers de danseurs.

Plusieurs quartiers (San Antonio, Juanchito) concentrent des bars et des clubs où la salsa se danse chaque soir, et de nombreuses académies accueillent des débutants comme des danseurs aguerris.

Dans les années 2000, est né un nouveau genre entre Cali et le Pacifique : la salsa choke, mélange de salsa, de reggaeton et d’influences afro, rendue célèbre lors du Mondial 2014, quand l’équipe de Colombie célébra chaque but en dansant dessus.

À quelques heures de route de Cali, sur la côte Pacifique du Valle del Cauca, du Cauca et du Nariño, un tout autre rythme est intimement ancré dans la vie des communautés afro-descendantes du littoral : le currulao, porté par la marimba, xylophone en bois de palme à tubes de bambou, accompagné de tambours et de maracas.

Inscrite en 2015 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, cette musique est fêtée à Cali, chaque année début août, à l’occasion du festival Petronio Álvarez qui accueille plusieurs centaines de milliers de spectateurs durant 5 jours.

C’est aussi l’occasion de goûter la gastronomie locale et le viche, un alcool de canne à sucre distillé selon des méthodes ancestrales.

À Pasto (Nariño), chaque début janvier a lieu le Carnaval de Negros y Blancos, l’un des plus importants festivals de l’année et l’une des plus anciennes fêtes de rue de Colombie.

Son origine remonte à 1607, quand le royaume d’Espagne accorda aux esclaves un jour de repos annuel, le 5 janvier — devenu le « Día de Negros« , durant lequel toute la ville se peint le visage en noir en signe d’unité.

Le « Día de Blancos » du lendemain, lui, naît en 1912 d’une farce lancée par des tailleurs de la ville qui ont saupoudré les passants de talc parfumé. Les deux traditions fusionnent au fil du XXe siècle en un carnaval unique, qui efface symboliquement les différences sociales et ethniques.

Ce carnaval spectaculaire a été reconnu par l’UNESCO en 2009 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en raison du nombre de participants, de ses costumes colorés, de ses chars artisanaux monumentaux et du message très fort qu’il véhicule.

Bref, un évènement culturel à ne pas manquer si tu es dans les parages à cette date.

Cali and around - Pasto - graffiti
Salsa Cali Colombia - La topa Tolondra - Cali and around

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J’ai un faible pour les hôtels-boutiques : peu de chambres, du cachet dans la décoration, une atmosphère cosy et un accueil chaleureux et attentionné qu’on ne retrouve pas toujours dans les grands hôtels.

Et quand, en plus, ils occupent d’anciens édifices coloniaux restaurés, le charme opère encore davantage. Tu trouveras plusieurs hôtels-boutiques à Popayán et parmi eux :

  • La Plazuela : en plein centre historique, un charmant patio – une option plus discrète et abordable.
  • Hotel Dann Monasterio : ancien couvent franciscain de 1570, devenu hôtel 5 étoiles avec de superbes galeries espagnoles autour d’un patio-jardin avec une fontaine.
  • Casa Loma Hotel Boutique & Terraza Gastro : jardin privé et restaurant en terrasse avec vue sur la ville.

Ou encore Hotel Boutique La Merced à Pasto : intime, installé dans une maison coloniale du XVIIIᵉ siècle avec un joli patio.

Credit: Hotel Dann Monasterio

Si tu poses tes valises à Cali, je te conseille de choisir ton quartier avant d’opter pour ton hôtel.

San Antonio, le plus recherché, mêle architecture coloniale et écoles de salsa :

  • Viajero Cali Hostel (Palma Rossa) : immersion culturelle, cours de salsa sur place.
  • Alko Hotel Casa Nispero : édifice colombien typique, patio arboré et piscine.
  • Magic Garden House : ambiance « comme à la maison » — parfait pour un petit budget.
  • Casa Ruta Sur : façade végétalisée, charme cosy, accueil très chaleureux.

Pour un quartier plus huppé, El Peñón abrite l’Intercontinental, un 5 étoiles avec terrasse et grande piscine.

À Granada, épicentre de la vie nocturne, le Leclerc Hotel Boutique est une bonne option.

Et pour un quartier résidentiel plus calme, Casa del Hidalgo, à Centenario, constitue une bonne alternative.

Credit: Alko Hotel Casa Nispero

À Silvia (Cauca), plusieurs familles indigènes Misak proposent un hébergement chez l’habitant. Attends-toi à quelque chose de modeste mais réellement authentique – une belle expérience d’immersion dans le quotidien d’une famille locale. Certaines familles proposent des ateliers de tissage.

Pour une ambiance bucolique et calme, tu peux choisir un écolodge. Ces établissements, souvent isolés et entourés de végétation, misent sur leur cadre.

Au bord de la Laguna de la Cocha (Nariño) à 40 minutes de Pasto, Cabaña Bella Vista est une maison-chalet en bois avec 3 chambres qui offre le confort et une vue imprenable sur le lac. L’occasion de goûter la spécialité locale : une truite arc-en-ciel fraîchement pêchée.

Credit: Cabaña Bella Vista

Le glamping — contraction de « glamour » et « camping » — est un mode d’hébergement en plein essor en Colombie. Le principe : dormir dans des tentes ou des cabanes perchées, très bien équipées (vrai lit, électricité, salle de bains privée, parfois un jacuzzi), en pleine nature, sans rien sacrifier au confort.

Le désert de la Tatacoa (Huila) s’y prête à merveille. Biohotel Tatacoa Qji (Villavieja) propose des cabanes en bois confortables avec vue sur le désert et une piscine.

Plus modeste, mais tout aussi insolite, à Mirador Valle de la Tatacoa, tu dormiras dans un bungalow au milieu de nulle part, aux portes du désert « gris ».

Les petits budgets opteront pour des posadas (auberges) rustiques, avec une nuit en hamac à prix doux.

Beaucoup d’hébergements sont proches des observatoires astronomiques – parfaits pour prolonger la contemplation du ciel après le dîner.

Une nature sauvage magnifique, un accès reculé, souvent uniquement par bateau : ici, ne t’attends pas au grand confort, mais au dépaysement.

Du côté de Bahía Málaga, autour des villages de Ladrilleros et de La Barra, l’offre reste rustique : posadas simples en bois, ambiance décontractée, comme cet hostal sympa, à la Barra, calme et cosy.

Si tu veux davantage de confortMangle House, entre La Barra et Ladrilleros, propose des cabanes bioclimatiques face à l’océan, avec jacuzzi.

Tu peux aussi choisir de dormir sur Isla Gorgona dans l’une des cabanes gérées par la concession du parc national. Le soir, l’accès à l’île est fermé aux non-résidents ; tu seras seul au milieu de l’océan.

Pense à réserver bien à l’avance, surtout durant la saison des baleines ; l’offre d’hébergement est limitée.

Credit: Mangle House

L’empanada de pipián est le snack de rue devenu l’emblème culinaire de Popayán (Cauca), ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le tour de main est dans la farce : pommes de terre criollas, cacahuètes grillées, achiote (colorant naturel) et hogao (une base de la cuisine colombienne, faite de tomates et d’oignons revenus), sans viande dans la recette originale.

L’ensemble est entouré d’une fine pâte de maïs puis frit jusqu’à prendre une belle couleur dorée et croustillante.

Tu en trouveras sur les stands de la plaza de mercado, préparées le matin même par les femmes qui perpétuent leur savoir-faire. Je te conseille de les déguster avec un ají de maní (sauce à l’arachide pimentée), comme on le fait traditionnellement.

Credit: @mora.castilla

Cette spécialité de Pasto (Nariño) est sans conteste le plat le plus identitaire du sud colombien.

Le cuy désigne le cochon d’Inde, un animal domestique élevé depuis des millénaires par les peuples andins indigènes.

Il est mis à mariner avec de l’ail, du cumin et de l’achiote, puis rôti à la braise ou frit jusqu’à ce que la peau soit bien croustillante. Sa viande, sombre et savoureuse, rappelle un peu celle du lapin.

Plat de fête et symbole d’hospitalité, il s’accompagne de papas criollas, de maïs pira soufflé (variété typique de la région) et d’une sauce à l’arachide pimentée, et se mange traditionnellement avec les doigts.

Credit: @alturiarestaurante

C’est le plat de famille du dimanche dans le Valle del Cauca, notamment à Cali.

Bien que le sancocho de gallina se mange dans tout le pays, la version valluna est considérée par beaucoup comme la meilleure — notamment parce que la cuisson se fait au feu de bois.

Une gallina criolla, poule de basse-cour de préférence pas toute jeune, mijote des heures avec du yuca, du plantain vert, des épis de maïs et de la coriandre (cilantro) jusqu’à obtenir un bouillon dense et parfumé.

Il s’accompagne traditionnellement de riz blanc, d’avocat et d’ají (sauce maison).

Son bouillon a la réputation de calmer les « gueules de bois » après une soirée trop arrosée.

Coffee tour Concepcion Antioquia Colombia - sancocho food

Le frito pastuso est le grand classique de la street food de Pasto (Nariño).

Dans une assiette généreuse s’entassent des morceaux de porc, du chicharrón, de la morcilla, de la papa criolla dorée, du maïs et du pop-corn. Le tout est frit séparément, puis assemblé.

Plat chaud et convivial par excellence, il se partage debout dans la rue, accompagné d’un ají maison. Tu le trouveras sur les marchés et les étals de rue toute l’année, mais c’est surtout pendant le Carnaval de Negros y Blancos qu’il est incontournable.

Credit: @puebloviejopasto

Populaire dans tout le sud-ouest du pays, le champús est à la fois une boisson et un dessert. Sa base est du maïs séché, cuit longuement jusqu’à épaississement, auquel on ajoute de la pulpe de lulo, des morceaux d’ananas, de la panela et un mélange d’épices — cannelle, clous de girofle, feuilles d’oranger.

Il se déguste bien frais, avec beaucoup de glace. Avec sa texture épaisse, son parfum à la fois fruité et épicé, et ses morceaux de fruits, il est entre le jus et la soupe sucrée.

Tu le trouveras sur les étals de rue du Valle del Cauca et du Nariño, particulièrement pendant les fêtes de fin d’année.

Credit: @pamluna.bakery

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Le sud de la Colombie compte plusieurs aéroports.

L’aéroport international de Cali, situé à Palmira, à environ 20 km à l’est, propose un large choix de vols nationaux et internationaux.

L’aéroport de Popayán, situé à quelques minutes seulement du centre, dessert Cali et Bogotá par des liaisons directes.

Tout comme l’aéroport de Pasto. Une option plus sûre que la route : la Panaméricaine, reliant Cali, Popayán et Pasto.

Les compagnies Satena et Click Air affrètent des vols (fréquence limitée) depuis Bogotá et Cali pour Pitalito, dans le sud du Huila, qui se trouve à environ 45 minutes du site de San Agustín – une option à envisager selon ton planning. Tiens cependant compte du fait que c’est un tout petit aéroport et que les annulations ou les modifications de vol sont fréquentes.

Le bus reste un excellent moyen de sillonner la Colombie : le réseau est dense, dessert même les petites villes isolées et les tarifs restent très raisonnables.

De plus, les routes andines t’offrent des paysages spectaculaires, comme celle reliant Popayán à San Agustín via le parc de Puracé (environ 6h). Pense à prendre un anti-nauséeux si tu es sensible au mal des transports ; la route est sinueuse.

Compte environ 2h30-3h pour Cali-Popayán.

Dans le sud de la Colombie, plusieurs compagnies fiables assurent le service : Expreso Bolivariano et Expreso Palmira pour le Valle del Cauca, et Cootranshuila autour de Popayán. Bolivariano et Copetran proposent même de la « première classe », sièges spacieux inclus.

Le réseau routier du sud de la Colombie est globalement correct sur les grands axes, mais les routes de montagne — comme celle menant de Popayán à San Agustín via Puracé — sont sinueuses et souvent empruntées par des camions roulant lentement, ce qui complique les dépassements.

Ajoute à ça une conduite locale énergique : la prudence s’impose.

Louer une voiture à l’aéroport de Cali (Palmira), à Popayán ou à Pasto, auprès d’une agence locale, peut te paraître une option intéressante pour explorer à ton rythme le Valle del Cauca, mais compte tenu du contexte sécuritaire dans cette région, qui reste isolée, je ne te la recommande pas.

C’est particulièrement déconseillé sur les routes du Nariño et du Cauca.

Dans le sud de la Colombie, je te conseille de privilégier les applis (Uber, DiDi) et d’éviter d’héler un taxi dans la rue ; le prix est fixé à l’avance. Ces applis sont disponibles à Cali, à Pasto et à Popayán — l’offre est cependant plus limitée à Popayán, comme dans les petites villes.

À Cali, évite l’est de la ville, reste dans les quartiers de San Antonio, San Fernando, Granada et El Peñón, et déplace-toi systématiquement en Uber.

Une autre bonne option est de passer par ton hôtel, qui connaît un chauffeur de confiance qu’il appellera directement ou que tu pourras contacter.

Faute de routes, le bateau est incontournable pour rejoindre certains sites de la zone Pacifique dans le sud de la Colombie.

Depuis Buenaventura, compte 4 h en bateau direct ou 1 h 30 à 2 h en lancha rapide depuis Guapí.

De même, les villages de Ladrilleros, Juanchaco et La Barra ne sont accessibles que par la mer. Compte environ 1 h de lancha depuis l’embarcadère touristique de Buenaventura.

Pense à vérifier les horaires : certaines liaisons, comme Guapi-Gorgona, n’ont pas de service le week-end.

Pour des raisons de sécurité, souviens-toi que Buenaventura est avant tout un point de transit : reste autour du quai touristique et ne circule pas seul en ville.

airport Plane Colombia

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Comme dans la plupart des grandes villes colombiennes, la sécurité à Cali varie beaucoup d’un quartier à l’autre.

Les quartiers est de la ville sont à éviter – c’est là que se concentre la majorité des incidents recensés – reste dans les zones fréquentées par les visiteurs (San Antonio, Granada, El Peñón, Centenario).

De manière générale, adopte les bons réflexes de prudence : n’exhibe pas tes objets de valeur, ne te déplace pas à pied la nuit, privilégie les applis type Uber et DiDi, et garde un œil sur ton verre si tu vas dans un bar le soir.

Bref, reste vigilant sans psychoter pour autant et ne t’aventure pas hors des zones connues.

Buenaventura n’est pas une destination sûre.

L’insécurité qui y règne est liée au narcotrafic, qui tire parti de son activité portuaire. La ville ne présente de toute façon aucun intérêt touristique.

Pour toi, elle ne doit être qu’une ville de passage — inutile de l’explorer. Si tu dois y prendre le bateau pour rejoindre les villages de Ladrilleros, Juanchaco ou La Barra, reste autour du muelle turístico et évite de te promener ailleurs dans la ville.

Si tu dois te rendre sur Isla Gorgona, privilégie plutôt Guapi comme point de départ – une heure de traversée contre quatre depuis Buenaventura.

Certaines zones rurales du sud du pays échappent en partie au contrôle de l’État, laissant le champ libre à la guérilla et aux groupes armés. En conséquence, il s’y produit régulièrement des affrontements entre groupes rivaux, des attentats et des assassinats de leaders.

Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas aventurés dans ces zones précises. Nous te conseillons donc de te renseigner auprès des hôtels où tu comptes réserver afin d’obtenir des informations fiables et à jour.

En règle générale, contente-toi de visiter les sites touristiques reconnus plutôt que de suivre des itinéraires hors des sentiers battus.

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