Bogotá est-elle Sûre ? Voici Mes Recommandations
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Bogotá est-elle sûre ? Quels quartiers éviter ? Peut-on prendre les taxis ? Tu te poses sûrement beaucoup de questions, surtout si c’est ta première fois en Colombie.
C’est une ville où j’aime aller pour sa gastronomie, ses musées et son énergie. Mais n’oublie pas que c’est une immense ville d’Amérique latine, comptant près de 8 millions d’habitants.
Alors, Bogotá est-elle sûre ? Oui, à condition de rester vigilant, de savoir où aller et d’adopter certains réflexes essentiels.
Je vis en Colombie depuis 2015 et je connais bien la capitale. Je t’explique quels quartiers choisir, comment circuler, où sortir le soir, ainsi que comment reconnaître et éviter les arnaques ciblant les voyageurs.

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BOGOTÁ EST-ELLE SÛRE ? : CE QUE TU DOIS SAVOIR
Règles de base et bon sens
LES QUARTIERS DE BOGOTÁ
Mes repères dans la capitale colombienne.
C’est l’un des secteurs les plus sûrs de Bogotá. Rues larges et propres, immeubles modernes, grands hôtels. Le soir, mieux vaut tout de même ne pas se déplacer à pied, sauf s’il y a beaucoup de monde. Autour du Parque 93, les terrasses, les restaurants gastronomiques et les bars branchés attirent davantage les Colombiens aisés que les touristes.
Dès qu’on s’en éloigne, le quartier retrouve le calme, entre résidences et bureaux.
Il est parfait pour les familles et ceux qui privilégient le confort. En revanche, c’est cher, un peu sans âme et situé à environ 40 minutes en taxi, voire 2 h en cas de bouchons, de La Candelaria, le quartier colonial qui regroupe la plupart des sites touristiques de la ville.
La nuit, évite tout de même de marcher dans les rues résidentielles désertes et dans le parc quand les bars et les restaurants sont fermés ; prends un Uber pour te déplacer. Reste vigilant dans les bars chics.
C’est ici que je loge à chaque fois que je viens à Bogotá. Ces trois petits quartiers concentrent la meilleure gastronomie de Bogotá : des restaurants d’auteur dans la Zona G (« G » pour Gourmet), des cafés de spécialité et des hôtels-boutiques dans les maisons anglaises de Quinta Camacho.
L’ambiance est plus vivante et plus authentique que dans les quartiers au nord de la ville, comme Parque 93 et la Zona T. De plus, La Candelaria n’est qu’à 20 minutes en taxi.
Côté sécurité, c’est plus rassurant que La Candelaria le soir, mais un peu moins que Parque 93 : il y a juste un peu moins de monde et de surveillance que dans le nord chic, donc garde les bons réflexes le soir.
Par ailleurs, Chapinero est immense et, en quelques rues, l’ambiance change vite. Au-delà de ces trois quartiers, il n’y a de toute façon pas grand-chose à voir. Pas la peine de t’aventurer plus loin.
Le soir, prends un Uber dès qu’il n’y a plus grand monde dehors, surtout à Chapinero Alto, un secteur résidentiel qui se vide vite une fois la nuit tombée.
Au restaurant, je te conseille aussi de garder ton téléphone dans ta poche : de faux vendeurs passent parfois de table en table.

Le centre historique est un incontournable, avec ses façades colorées, ses beaux graffitis, ses musées et son immense place Bolívar.
Très fréquenté en journée par les touristes, les étudiants et les vendeurs de rue, le quartier est bruyant et désordonné, mais authentique.
Mais après 21 h, les restaurants et les boutiques ferment, les rues mal éclairées se vident, la présence policière y est bien plus faible qu’en journée et le quartier, entouré de secteurs plus pauvres, devient peu fréquentable.
Je n’y dors jamais : je préfère loger plus au nord et venir en Uber. Ce quartier a cependant un côté pratique pour les visiteurs qui ne viennent que pour une ou deux nuits à Bogotá, compte tenu de sa proximité avec les principaux centres d’intérêt de la ville, ou si ton budget te pousse à choisir un hostel dans le quartier. Il faut juste faire preuve de prudence. Prends un VTC dès la tombée de la nuit et ne traîne pas devant ton logement.
De même, les quartiers voisins, La Macarena, Teusaquillo et La Merced, sont de plus en plus à la mode en journée, avec leurs bars et restaurants, mais je ne recommande pas de s’y promener la nuit.

À Bogotá, le risque le plus courant pour un voyageur, c’est le vol à l’arraché : le téléphone est la première cible, mais aussi le sac, la chaîne ou l’appareil photo, souvent volés par le passager arrière d’une moto. C’est rapide, et ça arrive partout, même dans les quartiers chics.
Les Colombiens ont une règle d’or en matière de sécurité : « No dar papaya », autrement dit, ne fais pas de toi une cible facile.
Pour cela, il te suffit d’appliquer quelques gestes simples :
- Regarde autour de toi avant de sortir ton téléphone et éloigne-toi de la chaussée ou entre dans un commerce.
- Tiens-le fermement, et ne le mets jamais dans ta poche arrière.
- Porte ton sac en bandoulière, croisé sur la poitrine, ou ton sac à dos devant s’il y a du monde.
- Habille-toi correctement, mais simplement, et laisse tes bijoux, ta montre et tes autres objets de valeur à l’hôtel.
Et si quelqu’un te menace, ne résiste pas : tes affaires ne valent pas ta vie.


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Ton Voyage d’Auteur : la Colombie dont ta famille va tomber amoureuse
Quelles aventures correspondent aux attentes de ta famille ? Est-ce vraiment adapté à tout le monde ? Est-ce sûr ? Est-ce trop touristique ? Ça vaut vraiment le coup ? Combien de jours?
Faire des suppositions et espérer avoir fait les bons choix, ça marche parfois. Mais pas toujours.
Et je ne te parlerai même pas des imprévus stressants qui t’obligent à faire des changements en plein voyage.
Bref, on fait ça depuis des années — et si tu regardes nos avis, tu verras qu’on sait ce qu’on fait.
Profite du voyage, au lieu d’en porter la responsabilité. Dis-nous ce que tu aimes, on s’occupe du reste.

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LES TRANSPORTS À BOGOTÁ
Se déplacer sans mauvaise surprise.
Pratiques et bon marché, les taxis jaunes de Bogotá ont pourtant mauvaise réputation. J’ai pris des centaines de taxis en Colombie sans jamais avoir de problème, à part quelques surfacturations. À Bogotá, elles sont bien plus fréquentes : le compteur affiche des « unités », pas un prix, et les suppléments s’ajoutent. Une table officielle de conversion des unités et des prix doit être accrochée au dossier du siège passager.
Par simple précaution, à Bogotá je ne hèle donc jamais un taxi dans la rue. Ça permet d’éviter les mauvaises surprises, y compris le « paseo millonario », rare mais bien connu ici : des complices du chauffeur montent en cours de route et obligent le passager à retirer de l’argent au distributeur.
Mon réflexe : je demande à l’hôtel ou au restaurant de m’appeler un taxi. À l’aéroport, je prends uniquement un taxi officiel, au comptoir ou dans la file d’attente autorisée. Ou encore, plus simple, j’utilise une appli (Uber, Didi ou Cabify).
Avant de monter, vérifie que la plaque d’immatriculation est visible à l’extérieur, qu’elle correspond à celle de l’intérieur et que la carte du chauffeur est affichée. Pendant le trajet, garde un œil sur l’itinéraire et évite de t’endormir.
Bogotá est une ville immense : pour te déplacer d’un quartier à l’autre, Uber est simple, bon marché et sûr : le trajet est suivi dans l’appli. Une fois la nuit tombée, c’est le réflexe à avoir.
Le statut juridique de cette appli reste flou en Colombie. Rien d’inquiétant pour toi : en pratique, ce sont les chauffeurs qui s’exposent à une amende. Ne sois donc pas surpris si ton chauffeur te demande de monter devant, histoire de ne pas attirer l’attention des autorités.
Avant de t’installer, compare la plaque d’immatriculation, le modèle et la photo du chauffeur avec ce qu’affiche l’appli, car la voiture n’a pas de logo Uber.
Active aussi le code PIN : un code à 4 chiffres que tu donnes au chauffeur en montant dans la voiture. Il doit le taper sur son téléphone pour lancer ta course. C’est la garantie que tu es dans la voiture que tu as réservée.
Si tu as besoin de te rassurer, partage ta course avec un proche pendant le trajet.
Le Transmilenio est un réseau de bus articulés qui fonctionne comme un métro à ciel ouvert : stations fermées et tourniquets à l’entrée. Il relie la Candelaria aux quartiers du nord pour presque rien et ses voies réservées permettent d’échapper aux bouchons.
Par contre, il est souvent bondé et déroutant quand on n’a pas l’habitude : des lignes codées par couleur, lettre et chiffre, des bus express qui sautent des stations, et un réseau chamboulé par les travaux du métro.
Pour l’utiliser, il faut acheter une carte TuLlave dans un point de vente officiel. Dans certaines stations, tu peux aussi payer directement avec ta carte bancaire sans contact (Visa ou Mastercard).
Les heures de pointe sont à éviter : en semaine, de 7 h à 9 h et de 17 h à 20 h, ce sont les créneaux préférés des pickpockets qui profitent de la cohue. Si tu le prends, garde ton sac devant toi, ton téléphone dans une poche fermée et ne reste pas collé aux portes.
Bref, je te déconseille de prendre le Transmilenio si tu ne viens que quelques jours à Bogotá.

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SORTIR À BOGOTÁ
Éviter les pièges de la nuit bogotaine.
Tu as sûrement déjà entendu parler de la scopolamine : une drogue sans goût ni odeur, glissée dans un verre ou dans la nourriture, qui rend la victime docile le temps de la dépouiller (téléphone, cartes bancaires, codes), puis efface ses souvenirs.
Le piège le plus fréquent passe par les applis de rencontre, style Tinder : un profil séduisant, souvent faux, te propose de prendre un verre ou de passer à ton hôtel, et c’est là que la drogue finit dans ta boisson. Je te conseille donc d’éviter ce genre d’applis.
Mais le risque ne s’arrête pas aux applis : il existe aussi quand tu sors en soirée. À Bogotá, les bars et clubs des quartiers chics ne sont pas épargnés, bien au contraire. Ne laisse jamais ton verre sans surveillance, refuse ceux qu’on t’offre et méfie-toi des inconnus trop entreprenants ou trop avenants. Des femmes très séduisantes servent souvent d’appât.
Si tu te sens bizarre (pensées confuses, trous de mémoire), va voir un vigile, ou un ami si tu n’es pas seul, dis-lui que tu crois avoir été drogué et ne pars avec personne que tu ne connais pas. En cas de danger, appelle le 123, le numéro d’urgence universel en Colombie.
À Bogotá, comme dans toutes les grandes villes colombiennes, la règle est simple : n’achète pas de drogue.
L’achat est illégal : tu peux te faire arrêter et te retrouver avec de gros ennuis. En plus, chercher un dealer te met directement en contact avec un milieu dont tu as tout intérêt à rester à l’écart.
Sans compter que tu ne sais jamais ce que tu consommes : des voyageurs ont fini à l’hôpital.
Un conseil au passage : ne transporte jamais un sac ou un colis pour quelqu’un et garde un œil sur tes bagages, car le trafic est sévèrement puni en Colombie.
Enfin, n’oublie pas que le narcotrafic a fait beaucoup de mal à ce pays, et que nombre de Colombiens voient d’un mauvais œil le tourisme de la drogue. Fiers de leur pays, ils veulent avant tout en montrer le vrai visage.
Entre la danse, la musique et la chaleur des Colombiens, les occasions de rencontre ne manquent pas à Bogotá. Les Bogotanaises ont la réputation d’être plus réservées au premier abord, mais aussi plus indépendantes.
Mon conseil : privilégie les rencontres en face à face. Si tu passes quand même par une appli, méfie-toi des profils trop parfaits : les photos sont parfois volées ou générées par l’IA.
Sache aussi que le piège ne se referme pas forcément dès la première rencontre : certains escrocs prennent le temps de gagner ta confiance sur plusieurs rendez-vous avant de te voler, souvent en te droguant.
Alors, tant que tu ne connais pas bien la personne, ne la ramène pas à ton hôtel et ne va pas chez elle. Fixe le rendez-vous dans un lieu public. Arrive et repars par tes propres moyens, et préviens un proche en lui donnant le nom de ton contact, le lieu et l’appli. Et si on te demande de l’argent ou des photos intimes, coupe court.
Quant à la prostitution, elle n’est pas pénalisée pour les adultes, mais elle est souvent aux mains de proxénètes et de réseaux de traite, et liée aux vols à la scopolamine. Et tout rapport avec un mineur constitue un crime lourdement puni.
Bogotá a une vie nocturne qui n’a rien à envier à celle de Medellín.
Les adresses les plus courues se trouvent dans la Zona Rosa, autour de la Zona T et du Parque 93, où tu trouveras des bars chics et des rooftops, tandis que Chapinero attire davantage les Bogotanais et la communauté LGBTQ+.
Et ici la fête se prolonge tard. Pour qu’elle reste un bon souvenir, quelques réflexes s’imposent :
- Bois avec modération, surtout les premiers jours – à 2 640 mètres, ton corps doit d’abord s’habituer à l’altitude, et l’alcool ralentit cette adaptation.
- Sors à plusieurs et ne quitte jamais un club avec quelqu’un que tu viens de rencontrer.
- Vérifie ton addition (l’entrée des clubs est souvent payante).
- Enfin, avant de quitter le club, commande un Uber, même si tu n’as que quelques rues à parcourir, puis rentre directement.
À Bogotá, marcher le soir, par exemple pour passer d’un restaurant à un bar, n’a rien d’impossible à condition qu’il y ait plein de gens autour de toi. Sinon, c’est non, sans exception : c’est ma règle.
Dès que les trottoirs se vident ou que l’éclairage se fait rare, commande un Uber, même pour quelques rues. Évite aussi de rentrer seul tard dans la nuit.
Un rappel utile : en cas d’agression, pas la peine de jouer les héros.

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RETIRER DE L’ARGENT, CHANGER ET PAYER À BOGOTÁ
Retirer en toute sécurité et limiter les frais.
Tu auras besoin de liquide à Bogotá, et le plus simple est de retirer de l’argent à un distributeur automatique (« cajero »).
Choisis ceux situés à l’intérieur d’une banque, d’un centre commercial ou d’un aéroport : il y a des agents de sécurité, et le risque qu’ils aient été trafiqués est plus faible.
Retire de jour, évite les machines isolées dans la rue et cache le clavier quand tu tapes ton code. Si quelqu’un te propose son aide, refuse poliment. Si tu retires dans une cabine fermée, vérifie que la porte est bien refermée derrière toi et ne laisse personne entrer.
Range ton argent avant de sortir : certains voleurs guettent les clients qui quittent un distributeur pour les suivre, une technique bien connue à Bogotá, appelée « fleteo ».
Si tu dois retirer une grosse somme d’argent, rends-toi ensuite directement à ton logement pour éviter de devoir te promener avec.
Si les billets ne sortent pas, préviens immédiatement l’agence (si tu es à l’intérieur et qu’elle est ouverte) et vérifie auprès de ta banque que tu n’as pas été débité.
Les banques traditionnelles abusent des paiements à l’étranger : entre leurs frais et la marge sur le taux de change, il n’est pas rare de payer 5 à 10 % de plus.
Pour l’éviter, j’utilise une banque en ligne, N26, depuis 2018 ; Revolut ou Boursorama Ultim font aussi très bien l’affaire.
Sur place, attention à la conversion proposée par le distributeur ou le terminal du restaurant au moment de payer l’addition : refuse-la et choisis toujours de payer en pesos. Il arrive qu’un serveur valide ce choix à ta place. Alors, regarde l’écran.
Privilégie les distributeurs de Banco de Bogotá : ils permettent de retirer de plus grosses sommes en une seule fois, ce qui réduit les frais.
Pour le liquide, le distributeur est plus avantageux qu’un bureau de change. Si tu veux quand même passer par un bureau, choisis-en un agréé et demande un reçu. À l’aéroport, ne convertis que le strict minimum, et jamais dans la rue. Tu peux aussi te rendre au bureau de change d’un centre commercial.
Comme partout où passent des touristes, certains vendeurs appliquent ce qu’on appelle la « gringo tax » : un prix gonflé simplement parce que tu es étranger, surtout si aucun prix n’est indiqué.
Pour l’éviter autant que possible, je demande toujours le prix avant de commander, d’acheter ou de réserver une activité, et je me méfie de tout ce qui semble offert : au final, tout a un prix.
Au restaurant, la loi oblige à afficher les prix sur une carte physique. À l’addition, on te proposera souvent d’ajouter un pourboire (propina) allant jusqu’à 10 % : il est facultatif et le serveur doit te demander ton accord avant de l’inclure.
Avant de payer par carte, je vérifie toujours le total de la note et le montant affiché sur le terminal. Et si je règle en espèces, je contrôle la monnaie rendue.

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LA SANTÉ À BOGOTÁ
Précautions à prendre à 2 640 mètres d’altitude et où se soigner.
À Bogotá, l’eau du réseau est potable et régulièrement contrôlée par les autorités sanitaires.
Si tu as l’estomac sensible, je te conseille quand même de boire de l’eau en bouteille pour deux raisons. Dans certains immeubles anciens, les tuyaux ou les citernes installés sur le toit peuvent altérer la qualité de l’eau. Et le simple changement de composition suffit parfois à te perturber les premiers jours.
Un bon réflexe est de demander à ton hôtel ce qu’il en est. Tu peux aussi emporter une gourde filtrante dans tes bagages — en plus, tu réduis l’usage du plastique.
Pour les jus de fruits achetés dans la rue, demander au vendeur s’ils sont faits avec de l’eau en bouteille ne garantit rien. Le plus sûr est de choisir un stand fréquenté qui prépare les jus devant toi.
Si tu veux être tranquille, commande ton jus au lait et sans glaçons (« en leche, sin hielo »). De toute façon, le vendeur te demandera sûrement : « ¿en agua o en leche? ».
Perchée à 2 640 mètres d’altitude, Bogotá compte parmi les capitales les plus élevées du monde, et certains voyageurs ressentent le mal d’altitude, ou « soroche » comme l’appellent les Colombiens : maux de tête, vertiges, souffle court, nausées ou grosse fatigue.
Les symptômes apparaissent souvent dans les 36 premières heures, avec un pic le deuxième jour, au moment où tu penses être acclimaté, et ce, quelle que soit ta forme physique.
Mon conseil : consacre tes premiers jours à des visites tranquilles, sans effort intense, bois beaucoup d’eau, mange léger — autant que tu peux 😉 — fais de bonnes nuits et vas-y doucement avec l’alcool. Garde la montée à Monserrate, qui culmine à 3 152 mètres, pour la fin de ton séjour.
Si tu es sujet au mal d’altitude, parles-en à ton médecin avant le départ : il pourra te prescrire un traitement adapté. Sur place, n’hésite pas à consulter si les symptômes s’aggravent.
À Bogotá, le soleil est traître. Proche de l’équateur, la capitale colombienne reçoit un soleil presque vertical toute l’année, et à 2 640 mètres d’altitude, l’atmosphère filtre moins les rayons. Résultat : la ville enregistre régulièrement un indice UV extrême.
Le piège, c’est que l’air est frais et que le ciel est souvent couvert : tu ne sens rien, tu ne te méfies donc pas, alors que tu es bombardé d’UV.
Je te conseille d’appliquer une crème solaire à indice de protection élevé et de la renouveler régulièrement. Porte aussi un chapeau et des lunettes de soleil anti-UV, notamment en milieu de journée ou si tu montes à Monserrate, encore 500 mètres plus haut.
Si tu tombes malade ou te blesses à Bogotá, tu seras bien soigné. C’est l’une des villes les mieux dotées du continent en infrastructures médicales, mais je te conseille de privilégier un établissement privé. Les hôpitaux publics sont souvent saturés et l’attente peut y être très longue.
Bogotá compte d’excellentes cliniques privées, réparties dans les quartiers où tu risques de séjourner : la Clínica de Marly, à Chapinero si tu loges du côté de la Candelaria, de la Macarena ou de Chapinero Alto ; la Clínica del Country – bien connue des expatriés – à quelques rues de la Zona T et du Parque 93 ; et la Fundación Santa Fe, près d’Usaquén, classée parmi les meilleurs hôpitaux d’Amérique latine.
En cas d’urgence, appelle le 123 pour une ambulance ; selon la circulation, un Uber peut parfois être plus rapide. Pense à prendre ton contrat d’assurance : dans le privé, on te demandera comment tu comptes payer.
L’assurance voyage n’est pas obligatoire pour entrer en Colombie, mais je te la recommande vivement. Ton assurance maladie habituelle ne te couvre pas ici, et les cliniques privées facturent directement les patients étrangers, parfois avec une avance de frais. Avec une bonne assurance, c’est l’assistance qui avance les frais et organise ta prise en charge. Appelle-la avant ou dès ton arrivée à l’hôpital.
Si tu comptes être couvert par ta carte bancaire, vérifie ses plafonds et ses conditions.
Attention : pour entrer dans certains parcs nationaux, comme Chingaza — excursion d’une journée classique depuis Bogotá —, ton assurance voyage ne suffit pas ; il faut une assurance accident spécifique. L’agence qui organise la sortie te la propose généralement.

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VISITES ET ACHATS À BOGOTÁ
Les grands classiques de Bogotá.
Pour monter à Monserrate, d’où la vue sur Bogotá est particulièrement belle au coucher du soleil — s’il n’y a pas de nuages — tu as deux options mécaniques : le téléphérique, une cabine suspendue offrant une vue plongeante, et le funiculaire, un petit train à flanc de montagne, avec moins de vue.
Il existe aussi un chemin piéton gratuit, très fréquenté par les Colombiens le dimanche. Un escalier de 1 605 marches et d’environ 500 m de dénivelé, jusqu’à une altitude de 3 152 m. Même si tu es en forme, attends-toi à sentir vite le manque d’air.
Je ne te le recommande pas, car plusieurs cas de vol ont été signalés. Ou alors emprunte-le un dimanche, quand il y a plein de monde.
Si tu tiens vraiment à monter à pied, prévois de bonnes chaussures, car les marches sont irrégulières, fais des pauses et prends de l’eau. Et reste sur le sentier balisé. C’est déconseillé aux femmes enceintes et à celles et ceux qui ont des problèmes cardiaques, respiratoires ou de mobilité.
Il est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 5 h à 13 h pour monter et jusqu’à 16 h pour descendre. Cette heure passée, il te faudra obligatoirement redescendre par l’un des moyens de transport.
En fait, je te conseille de monter en téléphérique, quitte à patienter un peu s’il y a la queue. Et comme partout où il y a de la foule, surveille tes affaires.

La Candelaria, c’est le centre historique de Bogotá : maisons coloniales colorées, cafés, street art, les meilleurs musées de la ville et la Plaza de Bolívar. Tu vas forcément y passer. C’est aussi là que tu croiseras le plus de pickpockets, avec ses rues étroites, ses trottoirs bondés et sa forte affluence de touristes.
Les réflexes sont simples. Habille-toi sans chichi et laisse les bijoux à l’hôtel. Ne mets rien dans tes poches arrière, porte ton sac devant toi dans la foule, et garde ton téléphone rangé quand tu marches.
Évite aussi de t’arrêter au milieu du trottoir, le nez sur une carte : repère ton itinéraire avant de sortir.
En dehors des rues principales, le quartier se vide vite, et le soir encore plus : à la tombée de la nuit, prends un Uber.

La Colombie est le pays de l’émeraude : les mines de Boyacá, au nord de Bogotá, fournissent les plus belles pierres du monde, et la capitale colombienne est le grand centre de négoce.
Le centre historique compte des dizaines de bijouteries établies sur quelques rues à peine, dont certaines existent depuis plus d’un siècle. Mais le négoce déborde largement sur le trottoir, de main en main.
La règle à retenir : n’achète jamais une émeraude à quelqu’un qui t’aborde dans la rue. Les fausses pierres sont très bien imitées, et même les professionnels se font avoir par des pierres synthétiques.
Si tu veux vraiment en acheter, passe par une bijouterie reconnue et exige un certificat d’authenticité.


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LE COUP DES FAUX POLICIERS À BOGOTÁ
Le scénario et la parade.
Deux hommes t’abordent dans la rue en se présentant comme policiers, une carte plastifiée à la main. Ils sont en civil, ou portent une tenue qui imite l’uniforme.
Ils t’annoncent un contrôle : vérification des papiers, recherche de faux billets, enquête sur un vol dans le quartier. Puis ils demandent à voir ton passeport, ton portefeuille, ou à vérifier ton argent. C’est là que les billets s’évaporent, ou bien on t’annonce une amende à payer sur place.
Cette arnaque se produit surtout là où les touristes sont faciles à repérer : à la Candelaria, sur l’Avenida Jiménez, à la sortie de l’aéroport.
Il y a deux variantes fréquentes de ce scénario : le complice, qui se fait passer pour un autre voyageur et te met en confiance en présentant ses papiers aux faux policiers. Et le piège du dealer : on te vend de la drogue — tu sais pourtant que tu ne dois pas en acheter — les « policiers » débarquent, et tu paies pour éviter les ennuis.
La règle tient en une phrase : tu ne lâches jamais ton portefeuille ni ton passeport. Un vrai policier colombien ne demande ni d’inspecter ton argent ni de compter tes billets. Si on veut voir tes papiers, tu les tiens toi-même, ouverts devant toi.
Par ailleurs, laisse ton passeport à l’hôtel et ne garde sur toi qu’une photocopie. Ça suffit pour un contrôle.
Un vrai policier est en uniforme complet, avec les insignes de la Policía Nacional et une plaque portant son nom et son numéro.
Si celui qui t’arrête n’est pas en uniforme, pars du principe qu’il n’est pas policier. Au moindre doute, propose d’aller au CAI, le poste de police de quartier le plus proche, ou appelle le 123 pour vérifier son identité. En général, ça suffit à faire fuir les faux policiers.

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