Mieux Comprendre Les Colombiens

La Colombie est un pays plein de couleurs, de culture et d’une énergie débordante à l’image de ses magnifiques paysages tropicaux. Les Colombiens sont tout aussi divers. Plutôt que de se concentrer sur des groupes spécifiques comme les paisas (d’Antioquia), les rollos (de Bogotá) ou les costeños (de la Caraïbe), voyons à quoi ressemblent les Colombiens typiques dans leur vie quotidienne.

La Colombie dont tu as peut-être entendu parler, marquée par la violence et le trafic de drogues, s’est beaucoup améliorée. Mais les vieux stéréotypes cachent encore le véritable esprit positif du peuple colombien

CONSEIL DE TOM

Apprends quelques expressions en argot colombien pour communiquer facilement avec les habitants. Découvre pourquoi chaque région de Colombie est unique. Cela te donnera l’inspiration pour ton aventure !

Les traits de caractère typiques des Colombiens

1# LES ColombiEns : Créativité ET RÉSILIENCE

Vender Riohacha La Guajira

Une caractéristique qui ressort chez les Colombiens est leur sens de la créativité. Depuis que je suis tombé amoureux de la Colombie en 2015, je n’ai cessé d’admirer les solutions astucieuses que les Colombiens trouvent pour résoudre leurs soucis quotidiens.

Tu te retrouves dans les rues de Bogotá, sans téléphone et avec un appel urgent à passer ? Pas de souci. Tu trouveras quelqu’un qui vend des minutes de téléphone au coin de la rue. Ou peut-être es-tu coincé dans un embouteillage et ton ventre crie famine. Rassure-toi. Un Colombien passera sans doute dans le bus pour te vendre des snacks.

Dans un pays où plus de 50 % des emplois sont informels, les Colombiens sont des experts pour générer un revenu à partir de presque rien.

En te penchant sur leur histoire, tu comprendras qu’ils n’avaient guère d’autre choix.

Face aux défis économiques, à l’insécurité, à l’immigration et au manque de soutien de l’État, les Colombiens ont dû faire preuve d’une incroyable résilience.

2# LES ColombiEns : L’âme de la fête

Barranquilla Carnival

Lorsque tu penses aux Colombiens, tu imagines sûrement une foule joyeuse en pleine fête.

Rien d’étonnant, étant donné que c’est en Colombie qu’ont lieu certains des plus grands carnavals et festivals annuels.

Les Colombiens croient qu’il faut célébrer chaque moment. Des anniversaires, baby showers, Día del Amor y del Amistad (la fête des amoureux) aux 15 et 30 de chaque mois, chaque occasion est une raison de se réunir, de décorer avec des ballons et de danser au son de la musique. Parce que, selon eux, la vie serait bien trop triste sans un peu de fiesta.

3# LES ColombiEns : Une vision tranquille de la vie

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Si les Colombiens ont maîtrisé un art, c’est celui de vivre la vie tranquillement. Pourquoi se précipiter quand on peut savourer chaque instant ? Là où d’autres cultures aiment planifier dans les moindres détails, les Colombiens s’épanouissent dans la spontanéité. Le frisson des plans de dernière minute leur apporte une dose d’adrénaline qui maintient la vie excitante et stimule leur créativité.

En tant que Français, cette façon colombienne de vivre est quelque chose que j’admire, mais que j’ai parfois trouvé difficile, surtout en matière de planification ou de travail. Mais après tout, c’est ça la beauté des différences culturelles, non ? L’essentiel est de comprendre et d’embrasser ces nuances pour vraiment apprécier un pays et ses habitants.

4# LES ColombiEns SONT adorables

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Se perdre en Colombie ? Pas de souci. Les Colombiens sont là pour t’aider.

Leur gentillesse et leur hospitalité sont légendaires. Si tu te retrouves dans une situation difficile, un local qui passe par là ne se contentera pas de t’indiquer le chemin, il pourrait même t’accompagner jusqu’à ta destination.

Cette chaleur s’étend aussi à leurs affaires. Peu importe où tu atterris en Colombie, tu seras toujours accueilli à bras ouverts et avec un sourire sincère.

Cela peut parfois avoir un revers, car les Colombiens détestent décevoir — du moins face à quelqu’un. Ils te diront ce que tu veux entendre plutôt que de te dire la vérité. Exemple : ils te diront qu’ils viendront à ta fête alors qu’ils savent déjà qu’ils ne pourront pas.

5# LES ColombiEns SONT FIERS DE LEUR PAYS

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Les Colombiens ont une fierté contagieuse pour leur pays, et ce n’est pas seulement pour le football. Oui, ils n’hésiteront pas à te rappeler leur victoire contre la France lors d’un match amical juste avant la Coupe du monde. Mais cela va bien au-delà du terrain de football.

Ils s’enorgueillissent de l’héritage littéraire de leur prix Nobel, Gabriel García Márquez, et se laissent emporter par la musique de Carlos Vives, Juanes ou Shakira, des artistes récompensés aux Grammy Awards. Chaque succès devient une célébration collective qui crie haut et fort que la Colombie ne se définit pas par son passé notoire, mais par sa culture vivante et ses talents exceptionnels.

6# Le bonheur, une philosophie de vie en Colombie

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La vie en Colombie n’est pas toujours facile, mais tu ne le devinerais pas à voir les sourires. L’éboueur, le nettoyeur de rues, les marchands de fruits ambulants, les caissiers – presque tous les Colombiens que tu rencontres, quel que soit leur travail, trouvent une occasion de sourire.

Les manifestations de colère ou de grossièreté en public sont mal vues. Les Colombiens privilégient plutôt une culture de la gaieté qui, pour moi, est rapidement contagieuse. C’est une vision rafraîchissante de la vie, qui pourrait apprendre quelques petites astuces aux meilleurs d’entre nous sur la façon de trouver du bonheur dans les petits riens du quotidien.

Alors, si tu te sens un peu grognon, inspire-toi de la vision colombienne du bonheur. C’est peut-être le meilleur souvenir que tu rapporteras de ton voyage.


Comment être aussi heureux qu’un Colombien

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Le bonheur, c’est un concept difficile à définir.

Mais il y a sans doute des principes de base pour rendre la vie plus agréable.

Voici ce que font les Colombiens.

7# RALENTIR

Sois plus cool, d’accord ? Pourquoi cette précipitation, au fond ?

As-tu déjà eu l’impression de souvent être sur le qui-vive, pris par l’anxiété ?

Et si tu essayais plutôt ça ?

Arrête de bousculer cette pauvre Señora pour arriver à cette réunion « super importante » avec quelqu’un dont tu te fiches complètement. Apprends à savourer l’instant !

Même si tu arrives en retard, rejette la faute sur le trafic ! Personne ne s’en souciera vraiment. Enfin, probablement.

Prends le temps d’apprécier ce qui t’entoure. Bon, c’est peut-être plus facile en Colombie avec sa megadiversité spectaculaire, mais d’autres endroits sont aussi sympas.

Le premier pas pour apprendre à être aussi heureux qu’un Colombien, c’est d’apprendre à marcher comme un Colombien. Marche lentement, mon pote.

8# RESTER CALME

Jardin Cowboy (2)

Ce conseil va de pair avec « ralentir », mais il faut pousser le concept encore plus loin.

Au final, il y a très peu de situations qui méritent vraiment de s’inquiéter.

→ Tu vois une nageoire de requin qui vient vers toi ? D’accord, là tu peux commencer à stresser.

→ Le bus n’est toujours pas là ? Tant pis, va t’acheter un jus au coin de la rue.

La vie te semblera beaucoup plus douce si tu cherches une solution pour améliorer la situation au lieu de t’énerver.

9# MANGER PLUS DE FRUITS

Tu vois ces bars à jus branchés qui poussent comme du chiendent un peu partout dans le monde occidental ?

Nous, ici en Colombie, on rigole de tout ça.

Rien ne vaut une petite promenade (doucement, hein) jusqu’au coin de la rue pour boire le jus d’orange le plus frais et délicieux que tu puisses imaginer – tout ça pour moins d’un dollar.

Et ce n’est pas tout.

Tu savais qu’il existe 150 espèces de fruits consommables ici, en Colombie ? Moi non plus, mais il y en a sûrement bien plus que ces tristes pommes et oranges stockées au froid auxquelles tu es habitué chez toi. La plupart des fruits ici n’ont même pas de nom en anglais.

Crois-moi : ici, fruit = bonheur. Tu penses que je me trompe ? Viens et prouve-le alors. Je t’offrirai un lulo shake si t’y arrives.

10# Tu veux que je danse ? Jamais de la vie !

Salsa Cali La Topa

J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer.

« Danser » ne se résume pas à boire 12 vodka Red Bulls et à gigoter sur la Macarena ou le Gangnam Style en te moquant. Ce n’est pas juste agiter les bras et pointer le DJ en secouant la tête.

Tu ne me crois peut-être pas, mais tu peux aussi apprendre au moins les pas de base de la salsa ou de la cumbia.

Tu ne gagneras sans doute pas de compétitions à Cali de sitôt, mais tu peux toujours essayer. Si tu te détends un peu (voir point 1 ci-dessus) et que tu as bien assez de vitamines dans le corps (voir point 2), tu trouveras des Colombiens enthousiastes qui apprécieront tes pas de danse, même s’ils sont aussi fluides que ceux d’un robot décalé. Un ou deux shots de guaro pourraient bien t’aider à te lancer.


Les discussions que tu vas certainement avoir avec des Colombiens

La plupart des Colombiens sont des personnes super sympas ; il n’y a pas de doute là-dessus. Pour être bien vu, améliore tes réponses à ces questions qui lancent souvent la conversation.

11# « Il faut que tu sois prudent. »

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Parfois, il faut savoir être prudent. Dans tous les pays d’Amérique latine, il y a des endroits où il vaut mieux rester vigilant ou, en effet, y réfléchir à deux fois avant de s’y aventurer. Des choses peuvent arriver, je ne vais pas te mentir, et c’est toujours bien de connaître les dangers potentiels.

Cependant, s’entendre constamment dire de faire attention, dans presque toutes les situations, par un Colombien sincèrement préoccupé pour toi, est certes touchant et bien intentionné, mais cela peut aussi te faire te sentir « mis sous cloche ».

Cela dit, si plusieurs Colombiens te disent « ne va pas là-bas », il vaut mieux les écouter. 😉

12# Gasp “TU PARLES ESPAGNOL !”

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C’est avec une grande fierté et un peu d’embarras que, lorsque je rencontre un Colombien, le premier échange se déroule généralement comme ceci :

Colombien : « Hola, ¿cómo estás? »

Moi : « Bien gracias, ¿qué más? »

Colombien : « ¡Uuuyyyy, pero hablas español muy bien! »

Et là, tout de suite, mon nouveau ami colombien commence à parler un espagnol ultra-rapide, difficile à suivre.

Je suis fier que mes premiers mots me donnent l’air de parler très bien espagnol, mais « qué más » est en fait une expression basique. Dès que tu arrives de Gringolandia, on t’apprend à la dire, même si tu n’as aucune idée de pourquoi tu la dis et de ce qu’elle signifie vraiment.

Mon cher nouvel ami colombien, s’il te plaît, suppose – jusqu’à ce qu’il devienne évident autrement – que « qué más » est simplement un marmonnement nerveux pour camoufler mon incapacité à parler couramment espagnol. Grarsyarse.

13# « Et la nourriture colombienne ? ! »

Finca de Ariel - Tamal Colomabin Food
Mes parents découvrant la nourriture colombienne – Fiambre
  • Fait : Aucune personne étrangère ne pourra échapper à une discussion sur la cuisine colombienne.
  • Fait : Il y aura de la confusion, à moins que tu ne dises que c’est l’une des meilleures que tu aies jamais goûtées.
  • Fait : Pour beaucoup de Colombiens, peu importe d’où tu viens, ta nourriture ne sera jamais aussi bonne que la leur. Ne t’aventure pas dans ce débat ; ça ne vaut pas le coup.
  • Fait : La conversation passera rapidement aux arepas.
  • Fait : Si tu dis que tu n’aimes pas ça, prépare-toi à ce que chaque Colombien autour de toi te demande : « mais as-tu essayé les arepas de la région X de la Colombie ? »
  • Fait : Tu n’as pas goûté celles de toutes les régions, donc au moins une personne se sentira fière de repartir en pensant que l’arepa de sa région est la meilleure.
  • Fait : Ce n’est probablement pas la meilleure.

14# « et les femmes colombiennes ? »

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Alors, cette question n’est pas uniquement posée par les hommes colombiens. Des Colombiens de tous genres sont à blâmer de poser cette question délicate.

Pour y répondre, il faut naviguer entre la Charybde de l’impolitesse et la Scylla de la sensation de passer pour un pervers.

Est-il préférable de répondre, « Oh, je pense que les femmes de ce pays sont vraiment agréables, mais je ne suis pas intéressé », et risquer d’avoir l’air ingrat envers la moitié de la population, ou dire « Je les trouve magnifiques », et se sentir comme si tu venais de sortir d’un film pour adultes dans un cinéma douteux, avec un manteau en cuir ?

Qu’est-ce que doit faire l’Ulysse moderne dans de telles eaux périlleuses ?

15# « Tu connais quel endroit en Colombie ? »

Les Colombiens sont, sans exception, très curieux de savoir où tu es allé dans leur pays. Suite à des décennies d’isolement touristique, il existe encore un véritable intérêt et une certaine surprise à voir ce que font les étrangers, où ils vont et ce qu’ils apprécient pendant leur voyage en Colombie.

La conversation se déroulera inévitablement comme suit :

Toi : « Euhhh, Cartagena… »

Colombien : « Uyyy, rico, no ? »

Toi : « Ouais, c’est génial. Euhhh, Bogotá, Medellín, la zone du café… »

Colombien : « Wow, tu connais bien ! »

Toi : « Haha (gêné) ouais. Euhhh, La Guajira, Taganga, Santa Marta, San Gil… »

Colombien : « Ufff ! Tu connais plus la Colombie que moi ! »

Toi : « Ouais… je suppose que c’est l’avantage de travailler dans le secteur du tourisme… »

Et là tu t’arrêtes, parce qu’évoquer El Cocuy, l’Amazonie, Sapzurro, El Chocó, Capurgana, et tout le reste risquerait de paraître un peu impoli.

16# « Tu devrais danser. Ouais. »

Wedding Party

Bien que j’aie appris les bases de la salsa après une éternité et demie de pratique, je dois dire que ce n’était pas simple pour ce garçon blanc dépourvu de sens du rythme d’atteindre son niveau actuel de modeste expert. Je reconnais que j’ai eu la chance de recevoir de l’aide incroyablement patiente et expérimentée de la part de Colombiens bienveillants, en plus des conseils classiques que peuvent te donner les locaux.

(1) « Détends-toi. »

(2) « Écoute juste le rythme. »

(3) « Ressens la musique. »

Laisse-moi décomposer ces petites perles de sagesse de mon point de vue.

(1) L’une des pires choses que tu puisses dire à un gringo désorienté, nerveux et maladroit après l’avoir traîné sur une piste de danse pleine de Colombiens gracieux et à l’aise qui bougent sur des pas magnifiques mais incompréhensibles, c’est de lui dire de se détendre. Pour la simple raison que cela met l’accent sur ce que tu essaies désespérément de cacher – à savoir que tu n’es pas du tout détendu.

(2) Je pourrais écouter le rythme jusqu’au bout de la nuit des temps. Cela ne veut pas dire que mon dos raide ou mes hanches mal à l’aise sauront ce qu’il faut en faire.

(3) Pour te dire la vérité, se faire dire ça par quelqu’un qui danse probablement la salsa allègrement depuis sa naissance, dans un environnement saturé de musique, ne t’inspire pas vraiment confiance ni bonne volonté. Désolé, chère partenaire : je crois que je dois aller aux toilettes. Pour bouder pendant une demi-heure.

Note de l’auteur : Cet article a été initialement publié par Paul sur le site www.seeColombia.travel. Il a désormais été modifié par Thomas Espeute, suite à l’acquisition de SeeColombia.travel par Tomplanmytrip.